La méthode McKenzie : Soigner soi-même son dos

Dans les années 1950, depuis sa Nouvelle-Zélande natale, le kinésithérapeute Robin McKenzie développa une méthode d’évaluation et de traitement des maux de dos qui porte aujourd'hui son nom : la méthode McKenzie.

Destinée notamment à soigner les problèmes liés à la colonne vertébrale, la méthode McKenzie a pour idée fondamentale que la majorité des personnes qui ont mal au dos peuvent soulager elles-mêmes leurs douleurs, qu'elles soient aiguës ou chroniques, et accompagnées ou non d'un pincement nerveux (sciatique). Chacun peut ainsi devenir acteur de son "mieux-être". 

Tandis que la France a commencé à utiliser cette technique au début des années 2000, elle est employée depuis plusieurs décennies dans les pays anglosaxons. Fruits de cette expérience, plusieurs livres sur la méthode McKenzie synthétisent la recherche effectuée autour de cette approche, et dressent les aspects techniques qui lui sont propres.

Vous avez mal au dos, voire jusque dans les jambes : en quoi la méthode McKenzie peut-elle vous aider ? Nous allons détailler ses deux grands aspects d'un point de vue patient : la correction de la posture, et les exercices.

 

À quoi sert un coussin lombaire McKenzie ?

Les coussins lombaires McKenzie sont une composante essentielle de la méthode McKenzie. Ils permettent de compenser l'absence de soutien lombaire sur le dossier d’un siège, d'une chaise, ou encore d’un fauteuil, absence qui fait que l'on a tendance à s'affaisser en étant assis. La lordose (courbure) lombaire n'est alors plus respectée, ce qui engendre des tensions ligamentaires à l'origine de douleurs.

Il existe différentes formes, densités et tailles de coussins lombaires McKenzie. Nous allons en détailler quelques-uns, et voir comment les utiliser dans des situations de la vie courante.

 

Le coussin lombaire standard McKenzie

Ce coussin lombaire a une circonférence de 13 cm. Il est très souple, et est recommandé pour le soutien des lombaires sur un fauteuil ou canapé mou, dans lequel vous avez l’impression de vous enfoncer. Une telle position provoque toujours un arrondissement du bas de la colonne vertébrale, que ce coussin lombaire permet de contrer efficacement.

Voir le Coussin lombaire standard McKenzie

 

Le coussin lombaire Slim Line McKenzie

Certains dossiers de fauteuils de bureau possèdent un dossier présentant une forme incurvée, qui apporte un semblant de soutien lombaire. Malheureusement, ce soutien est souvent insuffisant (voire placé trop bas !), et il alors est nécessaire d'augmenter encore la lordose en ajoutant un coussin lombaire de faible épaisseur. Le coussin lombaire "Slim Line" est fin, et apporte donc un maintien supplémentaire sans pour autant exagérer la lordose naturelle, ce qui pourrait être le cas avec un coussin plus épais sur ce type de siège.

Voir le Coussin lombaire Slim Line McKenzie

 

Le coussin lombaire large McKenzie

Ce coussin est tout indiqué si vous possédez un siège dont le dossier ne présente aucune inclinaison pour le soutien du bas du dos. Sa forme anatomique arrondie apportera alors le maintien nécessaire.

Voir le Coussin lombaire large McKenzie

 

Le coussin lombaire de nuit McKenzie

Des douleurs aux lombaires peuvent également se manifester suite à l'adoption, consciente ou non, de mauvaises positions durant le sommeil. Le coussin lombaire de nuit McKenzie s'attache autour de la taille, et permet d'éviter une mauvaise courbure du bas du dos lorsque l'on dort sur le dos ou sur le côté.

Voir le Coussin lombaire de nuit McKenzie 90 cm (existe aussi en 105 cm)

 

Les effets correcteurs d'un coussin lombaire 

Être mal assis de longues heures, ou quelques minutes à répétition, peut étirer les ligaments des disques intervertébraux lombaires. Ils deviennent alors sources de douleurs, qui évoluent de façons diverses, parfois jusqu'à la fameuse "sciatique" lorsqu'un noyau vient pincer le nerf.

C'est effectivement le bas du dos qui nous fait le plus souffrir, et pour cause : c'est lui qui supporte le poids du haut du corps, et encaisse une bonne partie des tensions causées par nos postures et certains de nos mouvements (se pencher, ou soulever une charge en courbant le dos, par exemple).

Positions assises, mauvaise et bonne

La posture assise affaissée, ou "avachie"

  1. Courbure cervicale trop marquée (compression des disques cervicaux)
  2. Courbure dorsale trop marquée (hypercyphose posturale ou "dos rond")
  3. Courbure lombaire inversée (hypolordose posturale)

En résultent des douleurs ponctuelles mais récurrentes (syndrome postural), mais également de possibles douleurs persistantes pouvant être vives (syndrome de dérangement), de possibles sciatiques, ou encore des maux de tête. Ces problèmes ne sont pas inéluctables, et la méthode McKenzie permet d'y remédier.

En l'absence de correction, les conséquences à long et très long terme vont de douleurs et gênes centralisées mais persistantes (syndrome de dysfonction), à un dos voûté permanent, associé ou non à une gêne respiratoire due à la compression des poumons.

La posture assise corrigée

  1. Rétablissement de la lordose cervicale
  2. Rétablissement de la cyphose dorsale
  3. Rétablissement de la lordose lombaire

La posture assise se corrige facilement à l'aide d'un coussin lombaire, qui permet de la maintenir efficacement et sans efforts musculaires. La colonne vertébrale retrouve alors sa courbure naturelle : celle de la position debout. Les épaules s'ouvrent, la respiration peut retrouver sa pleine amplitude, et la nuque est détendue.

Corriger ses problèmes posturaux rapidement permet d'éviter des complications telles que décrites ci-dessus.

 

Méthode McKenzie : du diagnostic aux exercices

La méthode McKenzie vise à évaluer et soulager les douleurs vertébrales mécaniques, ainsi que celles des articulations périphériques. Cette méthode permet au patient de traiter lui-même ses douleurs par des exercices, et de devenir ainsi l'acteur principal de sa guérison.

Robin McKenzie (1931-2013), physiothérapeute néo-zélandais, a mis au point cette technique de rééducation dans les anées 1960. Celle-ci s'est rapidement développée dans les pays anglo-saxons et en Europe du Nord. Appelé MDT en anglais, pour Mechanical Diagnosis and Therapy, le système englobe l'évaluation, le diagnostic et le traitement des problèmes de la colonne vertébrale et des membres.

Robin McKenzie a élaboré sa méthode en partant d'un constat simple : les patients souffrant d'une sciatique étaient soulagés lorsque leur rachis lombaire était positionné à l'inverse de la position douloureuse. L'évaluation du patient s'effectue donc dans différentes situations : debout, assis, allongé, et en pratiquant une flexion/extension, ou une flexion latérale. Une amélioration dans une posture donnée, qui implique une diminution de l'intensité de la douleur de la périphérie à la racine du membre, donne à l'examinateur des informations précieuses sur la préférence directionnelle.

 

Le diagnostic

Un bilan précède tout traitement de type McKenzie. Il définit l'état de santé général du patient, ses antécédents et traitements passés et présents, et liste ses problèmes : ancienneté et localisation de la douleur (lombaire, dorsale, cervicale), mode d'apparition, intensité et incidences sur les activités du quotidien. Un examen postural et un examen des mouvements répétés s'ensuivent. Le bilan débouche sur une classification en syndrome :

  • Le syndrome postural est lié au maintien de positions stressant les ligaments des disques intervertébraux. Comme son nom l'indique, il est induit par de mauvaises habitudes posturales, telles que décrites ci-dessus.
  • Le syndrome de dérangement est relatif à un blocage ou à un déplacement au sein d'un ou de plusieurs disques intervertébraux.
  • Le syndrome de dysfonction est établi lorsqu'une raideur ou une limitation d'amplitude articulaire est constatée, suite à la cicatrisation des ligaments d'un ou plusieurs disques intervertébraux.

Une stratégie de traitement est alors définie sur la base des constats effectués.

Le bilan est aussi l'occasion de mettre en évidence d'éventuelles urgences médicales qui pourraient constituer des contre-indications à l'application de la méthode. Le patient qui suit cette méthode est amené à effectuer, selon une périodicité définie (de quelques jours à quelques semaines), des exercices courts et précis conseillés par un praticien kinésithérapeute lors de séances didactiques, qui permettent une bonne compréhension. Des ajustements su sens du traitement ou de la force des exercices s'avèrent souvent utiles.

 

Exemple d'exercices McKenzie

Les exercices proposés par la méthode McKenzie sont un parfait complément à l’utilisation de coussins correcteurs de posture.

Voici un exemple d'exercices, effectués dans le cadre d'une prise en charge en extension et préférence directionnelle (majoritaire dans 80% des cas pour des douleurs lombaires et cervicales).

  • Prone lying : Allongé sur le ventre, le patient positionne ses bras le long du corps et relâche le bas du dos et les fessiers pendant 30 à 60 secondes.
  • Prone lying on elbows : Le patient est allongé sur le ventre, en appui sur les avant-bras, les coudes à l'aplomb des épaules. Avec les hanches et le bassin en contact avec le sol ou la table, il relâche le bas du dos et les fessiers durant 30 à 60 secondes, puis reprend la position précédente, "prone lying".
  • Prone press-ups : Allongé sur le ventre, le patient a les mains ou les poings posés comme pour faire des pompes. Il se redresse en poussant sur les bras, jusqu'à extension complète des coudes, et sans bouger hanches et bassin qui doivent rester en contact avec la sol ou la table, durant 30 à 60 secondes, puis reprend la position "prone lying".
  • Progressive extension using pillows : Il s'agit d'un étirement progressif à l'aide de coussins. Allongé sur le ventre, le patient place un coussin sous la poitrine et garde la position quelques minutes. Si la position lui paraît confortable, il ajoute un deuxième coussin au premier, garde la position, puis ajoute un troisième coussin si la sensation de confort perdure. Il maintient la position et revient à la première "prone lying". Comme précédemment, les hanches et le bassin ne doivent pas bouger.
  • Standing back extension : Les deux mains calées dans le creux du dos, le patient penche le haut du corps en arrière et garde la position.

La majorité des patients obtient un résultat positif suite à ces exercices. Ils réussissent ainsi à se soigner seuls en évitant la prise de médicaments. Le kinésithérapeute définit des programmes personnalisés en fonction des patients et de leur pathologie.

La méthode McKenzie préconise aussi des moyens simples pour soulager les douleurs lombaires. On constate souvent que les dossiers de chaises, de fauteuils ou de sièges de voitures, manquent de soutien et entraînent des douleurs répétées. De formes diverses, en fonction de l'usage, les coussins lombaires McKenzie compensent les postures incorrectes.

La méthode McKenzie est donc une technique de rééducation active particulièrement recommandée dans les pathologies du rachis d'origine mécanique, que ce soit lombalgies, dorsalgies, discopathies ou cervicalgies, et peut aussi s'avérer efficace en cas d'arthrose. Les corrections posturales et les exercices préconisés donnent aux patients la possibilité de soigner leur dos de manière autonome et durable.



Adipso

Site Internet créé par
l'agence web Adipso
localisée à Strasbourg, Alsace

www.adipso.com

Envoyer à un ami !